Otherworld Nation Founding Chronicles

Poterie


Traduction : Magycio

Edit: Zerkre


« Comment c’est ? Tu peux la voir ? »

« Oui, en quelque sorte. C’est flou. »

Aujourd’hui, je m’entrainais à la magie.

Ce que je faisais là était ce qu’on pouvait appeler les bases de la base, s’entrainer à voir l’âme mais… apparemment, je n’étais pas très doué à ça.

« Ce n’est pas que tu manques vraiment de talent. C’est plutôt que tu es du « mauvais » côté des garçons. Comme c’est juste les bases, tu devrais arriver à les maîtriser après trois ans en gros. »

« Trois ans, hein… Combien de temps ça t’as pris, Julia ? »

« Pour moi, c’était trois jours. »

« … L’écart n’est pas un peu trop grand ? »

Je vais juste supposer que Julia est un monstre. Ça m’évitera de décourager.

« Premièrement, en magie, la différence entre avoir aucun talent et beaucoup de talent est juste énorme. 90% de la magie dépend du talent. »

« Alors ça ne veut pas dire que c’est vain d’essayer ? »

« Non, ce n’est pas le cas. Si tu veux juste des techniques pour résister aux malédictions, tant que tu n’es pas un complet crétin, tout le monde peut l’apprendre. »

Un crétin, hein…

Donc je présume que comme je ne suis que du « mauvais » côté, c’est bon.

« Les sorts peuvent se retourner contre le jeteur. C’est du bon sens que, quand on en vient à maudire, il est bien plus facile de se défendre d’une malédiction que d’en jeter une. Pour les shamans ordinaires, maudire quelqu’un qui ne connaît pas la magie ne marche que la moitié du temps. Si la cible se rend compte qu’elle a été maudite, la malédiction ne fonctionnera pas. Tu peux facilement rejeter une malédiction avec de la volonté seule. Bien que pour quelqu’un de mon niveau, il serait facile de te maudire à mort. »

« Si je me souviens bien, j’ai cru comprendre que maudire des plantes est facile car elles n’ont aucune volonté propre, c’est ça ? »

Je pense avoir entendu quelque chose comme ça avant.

« Exact. C’est pourquoi tu dois protéger les plantations avec des barrières. Dans l’ensemble, je pense que les shamans sont meilleurs dans la défense contre les malédictions que dans leur création. Car il faut trois shamans au faîte de leur puissance pour briser la barrière qu’un seul shaman aura créé. Néanmoins, grâce à ma puissance supérieure à celle de 100 personnes, cette loi ne s’applique pas à moi, » dit Julia en gonflant la poitrine.

Ne te vante pas de chaque petite chose.

« Puisque nous n’allons pas bouger avant que tu sois en mesure de t’éveiller au monde spirituelle, assure-toi d’essayer tous les jours. Tu devrais également méditer un peu tous les soirs avant de te coucher. »

« On dirait presque que je devrais faire de l’entrainement physique. »

« C’est parce que ce sont les bases. Je médite aussi tous les jours, avant d’aller dormir. »

Au final, je dois donc faire des efforts tous les jours ?

Donc rien ne change en termes d’exercice et de magie dans ces moments.

« Par ailleurs, le sel, c’est précieux ? Vous le prenez de la mer ou du sel gemme ? »

« Le sel ? C’est très précieux. On utilise plutôt du sel gemme. Si on tirait le sel de la mer, faire bouillir l’eau demanderait une grande quantité de combustible. »

Je vois. C’est donc une denrée précieuse.

J’aimerai éviter de l’échanger contre de la ferronnerie, je préférai en garder pour notre autodéfense. Dans ce cas, nous devrions extraire la sel gemme d’une mine nous même, ou créer un produit spécial à échanger…

« Il n’y a rien que tu veuilles ? »

« Quoi ? Tu veux me faire un cadeau ? »

« Non, pas dans ce sens. Je pensais que je pourrai faire quelque chose à troquer contre le sel. Je demandais juste pour une recommandation. »

« Ehh, me demander quelque chose comme ça tout d’un coup… laisse-moi réfléchir. Si je devais dire, peut-être un certain type de poterie. »

« Poterie ? »

Tout le monde ne peut-il pas faire de la poterie ? Ce n’est pas quelque chose de vraiment spéciale, si ?

« De temps en temps, des gens traversent la mer, venant de région comme la Crêce. Les poteries qu’ils apportent sont complétement différentes de celles que nous utilisons. Ils ont une couleur magnifique. C’est pourquoi ils font fureur chez la royauté… »

« Je vois. La poterie que nous utilisons est fragile en plus d’être aussi d’une couleur sale. Merci, ça a été très instructif. »

J’y réfléchirai dès que je rentrerai.

♦ ♦ ♦

D’abord, nous avons dû réfléchir aux caractéristiques des poteries que nous utilisons.

Ils sont épais et fragiles. Ils sont aussi rouges.

C’est dû à l’oxydation du fer présent dans l’argile. Le coupable, c’est l’oxyde ferrique.

[Il y a trois types d’oxyde de fer : l’oxyde ferreux, l’oxyde magnétique et l’oxyde ferrique.]

La poterie dans cette région est principalement faite en cuisant l’argile à l’air libre. Pour cette raison, l’oxygène est présent en grande quantité, ce qui rend la poterie comme ça.

Alors que devrions nous faire ?

Nous devrons juste cuire sous terre.

Nous devrons faire un four Anagama.

[Très vieux type de four à poterie japonais fait en creusant dans le flanc d’une colline.Vue en coupe, ci-dessous.]

four_anagama

Comme la chaleur ne peut pas s’échapper d’un espace fermé facilement, ce four peut cuire des objets à bien plus haute température que en les cuisant à l’air libre.

Enfin, on bloquera le conduit de cheminée et l’entrée du four avec du bois de chauffage. Ce faisant, on empêchera l’apport d’oxygène du four.

Lorsque l’oxygène diminue, l’oxyde ferrique n’est pas produit. À la place, c’est de l’oxyde ferreux qui est produit.

L’oxyde ferreux est noir. Donc, nous obtiendrons une poterie de couleur sombre.

En d’autres mots, de la poterie sue.

[Type de poterie non-vernissé utilisée du Kofun moyen (400-500 av. J.-C) jusqu’à l’époque de Heian (IXè s)]

Mais bon, je ne suis pas vraiment familier avec ce sujet.

Dans tous les cas, Je peux faire quelque chose de meilleur que la poterie utilisée actuellement. Néanmoins, je ne sais pas si ça sera supérieur à la poterie crêque.

Bon ensuite, nous avons besoin d’un four Anagama pour cuire l’argile.

Ce four Anagama (littéralement « four de trou »), comme son nom l’indique, est un four à poterie creusé dans le sol… ça veut dire que ce sera un travail difficile.

Avons-nous le temps pour ça ? N’avons-nous pas du travail agricole à faire ?

Non, il n’y en a pas.

En faite, nous avons plein de temps libre en ce moment.

Nous avons fini de récolter les navets et nous faisons maintenant pousser du trèfle. Le trèfle est à moitié une mauvaise herbe, donc inutile de s’en occuper.

Bien au contraire, ils poussent si bien que on aura du mal à les retirer l’année prochaine.

Donc, le temps n’est pas un problème.

« Puisque c’est ainsi, vous avez une houe ? Nous allons commencer à le construire dès maintenant. »

« Où on va le construire ? » demanda Soyon en tenant la houe.

« Sur une pente. Je pense avoir vu une pente qui serait parfaite dans cette direction. Nous allons l’y construire. »

« Nous allons creuser juste pour que nous puissions troquer contre du sel ? »

« Nous n’allons pas faire ça seulement pour avoir du sel. Quand nous ne pourrons plus récolter le blé et les autres, ce sera pratique d’avoir quelque chose à échanger contre de la nourriture. »

Nous n’avons pas une réserve illimitée de fer pour les outils.

Tout à l’opposé, nous avons des arbres pour le bois et de l’argile en abondance. Nous n’avons pas à nous inquiéter de les épuiser, ceux-là.

Et aussi, nous pouvons utiliser le four Anagama pour faire des choses utiles autre que la poterie.

Il n’y a rien à perdre à en faire, au contraire.

« Allons-y ! »

« Oui !! »

Ainsi, nous commençâmes à travailler sur le four Anagama.

♦ ♦ ♦

Nous commençâmes par abattre les arbres sur la pente.

Tous ceux qui travaillaient avaient 10 ans. Le travail aurait dû avancer lentement… pourtant, ce n’était pas du tout le cas.

« Bien, le cinquième ! »

« Almus, es-tu vraiment un humain comme nous ? Peu importe comment j’y songe, tu es bien plus fort qu’un adulte normal, » demanda Tetra, sa voix choquée perçant difficilement le son des arbres s’abattant.

C’est vrai. J’ai la bénédiction divine qui augmente ma force physique.

Ce foutu griffon a prit cette bénédiction de haut en disant que ses effets étaient douteux mais c’est juste plus que suffisant pour abattre quelques arbres.

C’est vraiment pratique. Mais bien que ce soit pratique, j’aurai plutôt voulu avoir la capacité de lire les pensées des gens ou avoir une force physique pour déraciner un arbre d’une main.

Je suppose que je ne devrai pas trop en demander.

Dans tous les cas, le travail avançait bien.

Cinq jours avaient passé depuis que nous avions commencé à abattre les arbres, désherber et creuser dans le sol.

Nous l’avons finalement fait.

En tant que néophyte, j’ai juste conçu le four Anagama d’une façon qui me semblait correct donc je ne peux pas en attendre trop en termes de performance.

Eh bien, bien que le four ne doive pas marcher au mieux de ses performances, comme je n’ai pas de plan pour créer une superbe et incroyable pièce de poterie, ce n’est pas un problème.

« Maintenant, c’est l’heure de se salir les mains. »

Je malaxais l’argile et la façonnais.

À vrai dire, je suis en fait plutôt bon dans ce genre d’exercice manuel.

Au 5ème grade, à l’école primaire, on me complimentait pour mon talent pour les objets en céramique lors des ateliers de travaux manuels.

J’avais tous les points en Art Plastique au collège.

« Toi !! Tu l’as fait, là !! Tu vas payer ! »

« Arrête de déconner, abruti ! »

« Hé, les gars ! Vous allez faire des éclaboussures avec l’argile. Ah !! Ça s’est collé à mes vêtements ! »

« A-arrêtez de vous battre… »

« … Tous idiots. »

Il ne prévoit pas du tout de travailler sérieusement ?

Ron, Rosward et Soyon, ces trois-là avaient commencé à se battre dans la boue.

Le groupe des pacifistes, mené par Tetra et Gram, s’était rassemblé autour de moi pour y trouver refuge. Je suppose que c’est parce qu’ils croient que la boue ne sera pas projetée dans ma direction.

Je continuais de travailler en silence.

Une tasse à l’air utile et une grande pièce de poterie servant à cuisiner. Un plat et une carafe.

Comme ils ne serviront pas seulement au troc mais aussi à notre usage personnel, nous devons en faire beaucoup.

Putain, je suis le seul à travailler sérieusement.

« Hé, faites votre propre vaisselle vous-même. »

« Compris. »

Seul les pacifistes répondirent, mon ordre n’atteint pas les oreilles de ceux qui se battaient.

C’est désespérant…

♦ ♦ ♦

« Enfin fini. »

Je sorti la poterie qui avait refroidi du four.

Elle avait une jolie couleur grise.

Elle émit un son aigu quand je lui donna une pichenette. Elle semble assez solide.

« Oh !! »

En voyant la tasse qu’elle avait faite elle-même, Tetra sembla profondément ému.

Après tout, c’est totalement différent quand on les a fait soi-même.

« Uuu… »

« Haa… »

Ron et Rosward, eux, étaient déçus.

Je ne sais pas si c’est parce que les poteries qu’ils avaient fais n’étaient pas assez épaisses mais elles se sont brisés.

« C’est parce que vous n’ arrêtez pas de jouer, » dit Soyon en croisant les bras.

D’après ce que j’ai vu, tu as joué aussi…

« Bon, vous avez encore plein de chance. Faites de bonnes poteries à partir de maintenant. Nous avons tous le temps dont nous avons besoin, » dis-je et les yeux de Ron et de Rosward s’éclairèrent.

Ainsi, tout en cultivant du trèfle, nous continuâmes à produire en série de la poterie.

♦ ♦ ♦

« Voilà, un cadeau. »

« Hein ! Pour moi ? Merci !! »

Julia prit la poterie de façon charmante et lui fit un câlin. Elle est vraiment si heureuse pour ça ?

« Ça a l’air très solide. Comment l’as-tu fait ? » demanda Julia en vérifiant sa solidité avec un petit coup de doigt.

« Secret de fabrication. D’ailleurs, tu penses que je peux le troquer contre du sel ? »

« Je pense que ça devrait suffire. »

Vraiment ? C’est bon à entendre.

« Où devrais-je l’échanger contre du sel ? Puisque c’est précieux, je devrai négocier avec une personne influente pour m’en procurer, non ? »

« Laisse-moi réfléchir… Que dis-tu si c’est moi qui l’apporte ? »

Hein ?!

Sérieusement ?

« Pour trois poteries, je te donnerai un livre de sel. »

« Ça ira ? Ça sera plus facile si toi qui me le donne. »

Si c’est un ancien d’un village, alors ça irait mais je n’ai pas vraiment envie de négocier avec des nobles ou des rois d’un pays. Je suis encore un enfant. Dans le pire des scénarios, on se ferait dépouiller.

Comme je ne fais qu’emprunter l’autorité du griffon, il ne va pas m’aider si je suis attaqué physiquement.

Que Julia soit l’intermédiaire, c’est la meilleure solution.

« Absolument. En terme de valeur, je pense que j’en prendrai un comme intérêt, ça te va ? »

« … Je suppose que oui. Ça m’est égal. Alors, je compte sur toi à partir de maintenant. »

Ainsi, l’accord commercial « poterie-sel » fut conclu.

 

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