La Disciple du Sage

Chapitre 18


Traduction : Magycio


 

Dès qu’elle arriva à destination, Mira regarda toute l’étendue couverte de fleurs, surprise.

« Qu’… qu’est-ce que ça veut dire ? » murmura-t-elle en regardant le sol sous ses pieds. Le jardin était une mosaïque de couleurs, résultat des nombreuses variétés de fleurs qui y avaient poussé.

« En effet, je me demande ce qui s’est passé… »

À la suite de la réaction de la jeune fille, Garrett était aussi éberlué devant l’apparence du parterre de fleurs. La veille à peine, un groupe de monstres était devenu fou furieux juste ici donc la bordure extérieure du jardin circulaire était censée être dévastée et la terre imprégnée des immenses quantités de sang y ayant été versées. Mais actuellement, quelque soit l’endroit où l’on regardait, on ne trouvait aucun vestige de cette destruction ; il n’y avait qu’un paysage richement coloré s’étendant tout autour.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? Il y a un problème ? » dit Reynard en appréciant la vue de ce splendide parterre de fleurs devant lui, toutes ses fleurs pleinement épanouies.

Comme Reynard n’avait pas été présent dans le jardin lors de cet incident sanglant, il avait donc des doutes.

« Oui et, plutôt que d’appeler ça un problème, c’est quelque chose d’inexplicable. Tous les monstres du groupe qui était apparu hier se sont entretués juste ici, dans ce jardin. À ce moment-là, le seul terme pouvant cet endroit était un champ de bataille, en prenant en compte que la terre était dévasté et imbibé du sang de ces monstres. Étrangement, seul la bordure extérieure du jardin était touché mais… »

Tout en expliquant ce qui était arrivé, le militaire s’arrêta un petit moment pour regarder le jardin avant de reprendre.

« Comme vous pouvez le voir, il n’y a même pas une seule tâche de sang ici, encore moins l’état dans lequel nous l’avons laissé hier. »

Dans leur champ de vision, évoquant de pures et innocentes jeunes filles, des jolies fleurs étaient secouées par le vent, leur faible bruissement était semblable à des murmures. Il était tout simplement impossible d’imaginer que, la veille à peine, des centaines de monstres s’étaient entretués dans ce décor paisible.

« C’est vrai ça…? »

« Bien sûr, c’est un mystère. »

De nouveau, Reynard et Joachim regardèrent le parterre de fleurs en murmurant. Comme attirée, Mira leva aussi la tête et regarda, avec grande attention, les alentours. Ensuite, au moment où elle vit qu’effectivement, il n’y avait pas la moindre tâche souillant le jardin, son regard s’arrêta sur quelque chose qui lui procura instantanément un sentiment de malaise : c’était le symbole de ce lieu, la colonne blanche crevant les cieux. Au contraire de sa partie supérieure, qui était d’un blanc pur, la partie inférieure avait été teintée de noir, presque comme un morceau de papier qui ayant été trempé dans l’encre noire.

Bien que l’attention de la fille fut attirée par ce point spécifique, comme elle n’avait pas observé en détail la colonne hier, ses souvenirs à propos de cette construction étaient, d’une façon ou d’un autre, embrouillés. À tel point que si quelqu’un lui disait que cette colonne avait toujours été comme ceci, elle l’aurait cru à l’instant. Et c’était ça qui nourrissait son malaise.

« Mademoiselle, quelque chose vous tracasse ? » demanda le chauffeur en remarquant que Mira, les sourcils froncés, fixait un seul et même point fixe.

Tirée de ses réflexions par la voix de Garrett, elle détourna le regard du l’édifice blanc.

« Peut-être est-ce juste mon imagination, mais j’ai l’impression que la colonne s’est un peu assombrie. »

« La colonne…? »

Elle avait presque murmuré ceci pour elle-même, mais quand Garrett l’entendit, il plissa les yeux vers le centre du jardin, très loin de là où ils se trouvaient, et essaya de vérifier les dires de Mira.

« Maintenant que vous le dites, j’ai aussi la même impression… Néanmoins, en voyant le jardin si dégoutant hier, entièrement souillé de sang, ça m’a laissé une très forte impression, par conséquent, mes souvenirs de la colonne sont un peu flous. »

« Pas vrai ? Je ne peux pas m’en rappeler bien aussi. A-t-elle changé en une nuit ? Ou ne l’a-t-elle pas fait ? Laquelle est la bonne réponse ? Je ne sais pas. »

Pour l’instant, la fille n’avait pas la motivation pour tenter de s’en rappeler plus et avait juste dit ce qu’elle ressentait en regardant la colonne incroyablement élevée.

« Bon, nous avons juste à vérifier ça, jusqu’à présent, aucun monstre n’a encore atteint cet endroit. Je me demande où est la horde en ce moment précis… »

Vu que Reynard n’était pas intéressé par le jardin, il avait scruté attentivement la forêt environnante, à la recherche du groupe de monstres. Cependant, il n’y avait aucun signe nul part ; il ne voyait les feuilles des arbres dansaient quand le vent soufflait sur elles.

« D’après la rapport que nous avons reçu à l’instant, je crois qu’ils doivent déjà être proche d’ici. »

Garrett regarda dans la direction probable par laquelle les monstres arriveraient. Comme indiqué dans la transmission qu’ils avaient reçue quelques minutes plus tôt, la horde était à peu près à cinq kilomètres au nord-nord-est du jardin floral et avancé toujours vers lui.

« Bien, laissez-moi faire une petite recherche alors. C’est dans cette direction, c’est ça ? » demanda Joachim en regardant dans la direction du regard du chauffeur, il semblait qu’il disposé d’une méthode pour examiner cette zone.

« Oui, en prenant le rapport en compte, si ils continuent d’avancer devant eux, les monstres devraient émerger de l’intérieur des bois juste là, » répondit Garrett en pointant du doigt la direction et l’expert bougea pour vérifier.

Les alentours du parterre de fleurs étaient couverts d’herbe, au début, et finissaient dans une forêt légèrement clairsemée. Joachim tendit le bras droit dans la direction indiqué et la main gauche plaqué contre son oreille.

(C’est de… l’abstractionnisme ?)

Remarquant la faible lueur couvrant les deux mains de Joachim, Mira se mit à observer la situation avec grand intérêt. Pendant qu’il utilisait sa compétence, personne n’osa émettre un son pendant toute une minute, le temps que prit l’expert pour baisser les épaules et se détendre pour faire une pause.

« As-tu trouver quelque chose ? » demanda finalement Reynard à son compagnon après un court moment tandis que Mira et Garrett attendaient aussi impatiemment la réponse.

« Il y a encore une bonne distance entre eux et nous mais j’ai pu entendre les bruits de pas d’un groupe approchant d’ici. Indubitablement, c’est la horde de monstres, » répondit Joachim en regardant intensément l’intérieur de la forêt.

« Très bien. Dans ce cas, le bon plan d’attaque serait de les attaquer dans les prairies passé la forêt. Je ne crois pas qu’il soit utile de les attendre ici, à leur but, » proposa Reynard en fixant le même point que Joachim.

Si eux quatre avaient attendu dans le jardin, peu importe la route que la horde aurait prise, elle finirait par apparaître devant eux. Mais maintenant, avec l’aide de la compétence de l’expert, ils avaient la confirmation de la localisation des monstres ; par conséquent, il n’avait plus besoin de s’inquiéter d’une situation hypothétique, où ils n’auraient pas trouvé la horde dans les bois et laissé les monstres atteindre enfin leur objectif. Alors, comme Reynard l’avait dit, il n’y avait aucune utilité à attendre au jardin.

« En effet. Dépêchons ! »

Dès qu’il le dit, Garrett se mit à courir vers la jeep blindée, sentant que c’était son tour de briller, une fois encore. Avec une expression abattue, les trois autres le suivirent en trainant des pieds.

♦ ♦ ♦

« D’ailleurs, tout à l’heure, vous avez utilisé une compétence pour déterminer la localisation du groupe de monstres. Quel genre est-ce ? »

Retrouvant son calme après que la jeep fut forcé de traverser avec peine l’intérieur de la forêt, Mira saisit l’opportunité pour demander immédiatement quelque chose qui titillait sa curiosité.

« La compétence utilisée tout à l’heure… oh, la compétence de l’Ouïe Fine, c’est ça ? » répondit-il au milieu des cahots secouant le véhicule. Bien que le chauffeur faisait doucement son travail cette fois-ci, la jeep blindée était secouée de part en part, même plus qu’avant.

« Oho, donc c’est nommé « Ouïe Fine », hein ? Alors, sa classification devrait tomber sous l’abstractionnisme, n’est-ce pas ? »

« En effet, on peut dire ça. Mais ce serait plus approprié de la classifier comme abstractionnisme secret. »

« Abstractionnisme secret…? »

Après avoir entendu un terme inconnu, la jeune fille s’était approchée de Joachim les yeux brillants et, presque collé à lui, avait posé une autre question.

« Mais j’y pense, vous avez été entrainé par messire Dunbalf dans un endroit isolé jusqu’à il y a quelque jours, donc j’ai entendu que mademoiselle Mira n’était pas familière avec les plus récentes avancées en matières de compétence. »

« Humm, eh bien… c’est quelque chose comme ça. Alors…? »

Elle décida simplement de prendre ce que Joachim avait dit sur elle comme la vérité. En prenant en compte les trente longues années qu’elle avait manquées, c’était un bonne excuse que Mira et Salomon avaient préparé ensemble, afin de couvrir son actuel manque de connaissances sur les us du monde.

« Bien qu’il y est différente condition pour utiliser les compétences d’abstractionnisme, certains d’entre eux ont des prérequis spéciaux. Et ce sont ceux catégorisés comme abstractionnisme secret. »

« Des prérequis spéciaux ? De quel genre de prérequis parlez-vous ? »

Tombant sur la banquette la tête la première après un énorme soubresaut du véhicule blindée, la fille se redressa immédiatement et incita Joachim à continuer, le visage plein de joie. En tant que camarade expert, l’homme pouvait facilement comprendre la réaction de Mira à ce qu’il venait de dire.

« Pour être honnête, nous n’avons pas encore élucider les conditions précises requises pour utiliser ce genre d’abstractionnisme. Néanmoins, on dit qu’il pourrait avoir une connexion entre certains facteurs, tel que le possession ou non d’une bénédiction divine des esprits et le type et nombre de monstres vaincus. De toute façon, même pour la compétence Ouïe Fine, la seule confirmation que nous avons est que la bénédiction divine des esprits du vent est liée à son acquisition, » expliqua Joachim, tout en s’assurant des deux mains contre les secousses.

Ensuite, il conclu finalement, disant que le processus d’apprentissage des techniques d’abstractionnisme secret était extrêmement dur à reproduire, en ajoutant — avec une légère lueur de triomphe dans le regard — que à l’intérieur du continent, seul une poignée d’utilisateurs d’Ouïe Fine existait.

« Ne pourrais-je pas l’apprendre…? »

Par conséquent, elle comprit que l’acquisition des compétences d’abstractionnisme secret n’était pas un exploit qu’elle pourrait réaliser, d’une manière ou d’une autre, après avoir juste écouter des explications. Ce fut donc une Mira relativement maussade qui se retourna quand le véhicule bougea violemment et, en même temps, se plaignit dans un murmure, « je vais vraiment l’envoyer dans une école de conduite. »

♦ ♦ ♦

En juste quelques minutes, la jeep blindée traversa la forêt au nord du jardin floral et arriva dans une zone herbeuse peu accidenté. Immédiatement, à environ une kilomètre devant eux, ils virent la horde, une masse noire tortillante de monstres.

« Bien, exactement comme nous l’avons supposé. Nous allons les attaquer, donc arrêtez lentement le véhicule. »

« Le champ de vision semble bon et il n’y aucun obstacle qui pourrait gêner l’usage des compétences. Les conditions nous sont plutôt favorable. Maintenant, ralentis s’il te plait, ensuite arrête la jeep. »

« En effet. Et avec notre champ de vision dégagé, ils ne pourront pas fuir. Prends ton temps pour t’arrêter. »

Alors que les trois passagers courbaient leur corps et regardaient à travers le pare-brise, chacun d’entre eux posa aussi une main sur l’épaule gauche de Garrett, la tête et l’épaule droite, soulignant tout trois le seconde partie de leur discours.

« Reçu ! »

Avec trois personnes le lui rappelant continuellement, le chauffeur fit comme dit et poussa doucement du pied la pédale des freins, faisant s’arrêter enfin la jeep blindée. Dès l’instant où ils se rendirent compte que c’était vraiment arrivé, les ptrois passagers, Mira, Reynard et Joachim, poussèrent à l’unisson un soupir, soulagé et descendirent dans la prairie.

« Bon ensuite, puisses les bonnes fortunes de la guerre vous sourirent. Comme nous l’avons planifié, je vais me mettre là en renfort, donc envoyez un signal si vous avez besoin de mon aide, » dit Garrett, après avoir vérifié que les portes étaient fermées, en pointant le sommet d’une colline, à droite du groupe de monstres approchant.

« Oui, compris. Mais bon, je ne pense pas que nous aurons des problèmes contre ce nombre d’ennemies. »

« Ne sois pas imprudent, Reynard. »

« Humpf, je sais de quoi je parle. »

En observant les adversaires qui se dirigeaient droit vers eux, le chevalier avait mentionné le degré de facilité que leur travail aura, lui valant en cours de route un avertissement de la part du prudent Joachim. Néanmoins, il n’y avait aucune trace d’inquiétude du tout derrière ces mots ; l’expert semblait plutôt avoir dit cet avertissement pour lui-même.

Lentement et sans se faire remarquer, la jeep blindée gravit la colline à leur droite pour atteindre un point de sauvegarde. Tout en regardant froidement l’arrière du véhicule, Mira grommela « Maintenant, il sait comment conduire sûrement » et Reynard et Joachim opinèrent simplement du chef pour marquer leur accord.

« Bien, vous vous souvenez de la stratégie ? » demanda le chevalier pour mettre les choses au clair.

« Bien sûr, » répondit Mira en revenant à la horde, se frottant le menton d’un doigt, une pose distinctive qu’elle avait maitrisé. Si c’était durant l’époque où elle était Dunbalf, cette apparence aurait été parfaitement appropriée mais maintenant, avec le corps d’une petite fille, elle ne mettait pas en confiance du tout

« Humm, bien alors… mais j’ai entendu dire qu’un démon inférieur est capable d’utiliser certains types d’invocations inhabituelles. Ça ira quand même ? »

« Qu’est-ce que je vous ai dit avant ? Même si nous tombons dans le pire des scénarios, je n’aurais aucun problème. »

« Au fait, vous avez vraiment dit ça. Bien, si quelque chose arrive, je vous apporterai mon soutient. »

Dès qu’il le dit, le chevalier se donna en spectacle en levant le bouclier qui était dans sa main. Bien qu’on aurait dit qu’il pourrait être le genre de personne à se retourner contre elle, Reynard était un chevalier très droit, quelqu’un qui ne laissait jamais ses sentiments personnels interférer avec son travail.

« Rien n’arrivera, par conséquent vous pouvez attirer la horde sans t’inquiéter. »

Ormis les fois où elle avait entrevu sa nature lors de leurs conversation, il y avait surtout une raison principal faisant que Mira reconnaissait Reynard comme un vrai chevalier. C’était tout simplement le fait que Salomon l’avait choisi comme son loyal servant.

« Bon, je vous laisse le travail d’appât. »

Reynard rit à sa remarque et commença à se diriger vers les monstres, complétement détendu. Une poignée d’instants plus tard, Joachim lui emboitaa le pas. Puis Mira décida aussi de bouger, tournant à gauche et s’éloignant un peu des deux autres pour atteindre le flanc de la horde.

La stratégie qu’ils avaient décidé d’utiliser commençait avec Reynard et Joachim. Ces deux-là s’occuperont seuls de la majorité de la horde et, pour ceci, ils feront face aux monstres.

Au loin, comme des vagues noires ondulantes sur la prairie, le groupe d’ennemies continuait de se précipiter vers eux, révélant petit à petit les détails de sa composition. D’abord, il y avait des monstres quadrupèdes courant en avant-garde de la horde, des molosses impurs. Les suivant et divisé en peloton, les archers gobelins, une sous-espèce des gobelins. Et enfin, se protégeant au cœur de ces pelotons, le démon inférieur que visait Mira.

(Sans surprise, il est bien protégé)

Bien que le rôle de Mira dans leur stratégie était de s’occuper du démon inférieur, il y avait aussi une autre tâche liée. Afin de l’accomplir, elle s’était séparée des deux autres et, en s’efforçant de ne pas attirer l’attention, avançait dans le sens du vent.

Finalement, le groupe de Reynard se mit en garde face aux monstres. À ce moment, au milieu de la plaine couverte d’herbe, la distance entre les deux groupes semblait être d’à peu près vingt mètres. À chaque fois que le vent soufflait, les herbes ondulaient entre eux en de rapides vagues. Ceux qui perturbés vraiment ces vagues étaient les près de deux cent monstres rassemblés là, avec une personne dont la simple aura menaçante — dirigée vers ses ennemies — faisait oscillé l’air autour de lui : le chevalier Reynard.

Quand cet homme tira son épée, il se déplaça pour bloquer l’avancer des ennemies, les faisant interrompre leurs mouvements. C’était un groupe de deux cent contre seulement deux personnes, mais en suivant leur instinct, les monstres s’étaient arrêtés. Les molosses impurs lâchèrent un grognement sourd en regardant les deux hommes, dans une tentative d’intimidation. Cependant, faisant fi de cet étalage d’hostilité, le chevalier continua d’avancer, pas après pas.

Bientôt, au centre de la horde, le démon inférieur lâcha un cri strident. Immédiatement, comme s’ils recevaient l’ordre, dix molosses de l’avant-garde aboyèrent furieusement tout en fondant, tous en même temps, vers Reynard. Sans perdre une seconde, quand le chevalier fit un grand pas en avant et se planta sur ses pieds, l’air l’entourant commença à trembler, les tremblements se propageant aux alentours. Après avoir vu cette énergie écrasante, même Mira pensa que c’était un considérable affichage de compétence et d’expérience.

Et pourtant, les molosses impurs ne s’arrêtèrent pas. Avec leur instinct étouffé, les monstres ressemblaient à des poupées en se jetant sur l’ennemi devant eux. Un moment plus tard, ces molosses furent engloutis par l’atmosphère tremblante et, en un instant, quand Reynard fit un autre pas intimidant, il poussa un cri féroce en exhibant son épée.

Sans rien toucher du tout, l’arme du chevalier fit un mouvement de balancier complet, s’arrêtant soudain le bout de la lame pointé vers les cieux. Dans le même temps, tous les sons cessèrent ; même le vent semblait s’être arrêté de souffler, comme si les lieux tout entier avait été englouti par le silence. Alors, brusquement, la végétation fut réduite en lambeaux, des petits morceaux s’éparpillant dans l’air. Ensuite, les Molosses Impurs qui avaient attaqués Reynard furent instantanément coupés en deux, leurs corps ouverts en deux s’effondrant simplement et silencieusement tandis que le sang en suintait, teintant l’herbe d’un rouge foncé.

(Superbe) pensa Mira, qui avait vu la situation de loin, admirative puis redirigea son attention vers le cœur du groupe ennemie. Le Démon Inférieur agitait ses deux mains au dessus de sa tête en criant, fixant Reynard avec une lueur vengeresse dans les yeux. Immédiatement, la horde entière concentra son regard en un seul point. Reconnaissant cet homme comme la vrai menace, ils avaient décidés d’utiliser toutes leurs forces pour l’éliminer.

Sur les ordres du démon, le groupe commença à changer sa formation et, sans rien faire, Reynard et Joachim attendirent patiemment qu’ils aient fini. Leur attention entièrement dirigée vers ces deux individus, les monstres achevèrent leur formation de combat en encerclant parfaitement le chevalier et l’expert, n’ayant absolument pas l’intention de les laisser fuir.

« Ça rentre dans nos plans. On dirait que notre stratégie va pouvoir continuer comme prévu, » murmura Joachim en regardant autour deux à Reynard.

« Continuons alors. »

Comme pour la montrer, le chevalier brandit son épée vers le haut avec pour réponse un intimidant cri de guerre de la part de ses ennemies, un rugissement qui semblait indiquer qu’ils allaient les dévorer entier tout deux. Ensuite, un vacarme de tous les diables commença dans la prairie, suffisant pour noyer les bruits de pas d’une certaine personne s’approchant rapidement de la horde. Avec le doux parfum d’une jeune fille qui flottait directement derrière lui, le démon serait arrivé à remarquer ce bruit spécifique sans la cacophonie qui l’entourait.

Comme les monstres avaient changé leur formation de combat pour encercler Joachim et Reynard, les deux hommes étaient maintenant le centre du groupe. Ensuite, afin d’évaluer le cours de la bataille facilement, le Démon Inférieur avait prit place à une position la plus éloignée de ses ennemies. Quand ce même démon se retourna pour voir derrière lui, il vit Mira. Elle avait attendu le moment où le Démon Inférieur serait totalement seul.

(Un cristal noir… oui, c’est un cristal démoniaque. Comme je pensais, il est du genre invocateur)

À l’instant précis où il remarqua les deux Chevaliers Noirs se tenant aux côtés de la fille, le démon paniqua et leva vers les cieux le cristal démoniaque qu’il tenait.

« Je me demande ce qu’il va bien pouvoir sortir de son chapeau. Est-ce que ce sera Charybde ? Ou Scylla ? »

Ce que faisait le Démon Inférieur était un rite nécessaire à l’accomplissement d’une invocation. Néanmoins, contrairement aux techniques d’invocation qu’utilisaient Mira, celle dirigé par un cristal démoniaque allait invoqué une bête démoniaque complétement au hasard. Si elle était chanceuse, il n’en résulterait qu’un autre Molosse Impur étant ajouté à la horde. Mais si c’était un sort d’invocation dangereux, il allait, dans le pire des cas, invoquer une puissante bête démoniaque.

Toutefois, n’essayant même pas d’interférer dans le processus d’invocation, la fillette ne faisait qu’observer simplement le cercle magique apparaissant et s’agrandissant dans le ciel. Dans un combat entre invocateurs, vaincre son ennemi avant qu’il ait achevé son invocation est la manière la plus simple de gagner ­­— cependant, cette théorie ne s’appliquait pas dans le cas d’un combat contre un fourbe Démon Inférieur.

Immédiatement avant sa mort, ce démon allait relâché à partir de son corps de la brume noire, entièrement formé de malveillance. Bien que la brume allait se dissiper dans l’air après plusieurs secondes, faisant sembler ceci à une dernière et vaine bravade du Démon Inférieur, si un objet ou un corps contenant un type de magie spécial était proche, la brume placerait un sort dessus. Alors qu’il soit en plein milieu d’une invocation ou non, un cristal démoniaque ensorcelé engendrerait encore une créature de haut niveau. Evidement, il était toujours possible pour un cristal épuré d’invoquer un monstre de haut niveau et c’était précisément parce que Salomon avait envisagé ces possibilités qu’il avait choisi d’envoyer Mira.

La rôle de Mira dans leur plan d’action, à part s’occuper du Démon Inférieur, incluait aussi la défaite de la bête démoniaque invoquée. Elle n’avait pas la moindre inquiétude sur le genre d’adversaire qui pourrait apparaître et attendait tout simplement. Pendant ce temps, alors que le cristal commençait à émettre un éclat de mauvais augure, le moment arriva enfin. Le cercle magique qui flottait dans le ciel s’étendit soudain et, une seconde plus tard, semblable à deux vieux arbres, deux épaisses pattes arquées touchèrent le sol, la force de l’impact causant un tremblement autour d’elles.

« Humpf, c’est donc le pire des cas, » marmonna Mira en poussant un soupir tout en observant la scène.

Peu importe comment elle le regardait, ces pattes familières dépassant du cercle magique appartenaient à une bête démonique de haut-rang. L’invocation continua, la chose à apparaître fut une queue, serpentant comme si elle s’allongeait elle-même et frappant le sol avec bruit sourd. Ce membre était encore plus épais que les pattes et des écailles le couvraient totalement, exactement comme la queue d’un dragon.

Par la suite, enfin, le corps entier de la bête apparut. Avec une grande carrure qui était suffisante pour lui permettre de regarder calmement par dessus les arbres de la forêt, le monstre tourna son cou de toute part, regardant les environs. Ensuite, puisque le processus d’invocation était terminé, le cercle magique disparu ; à ce moment, comme si il était convaincu de sa victoire, le Démon Inférieur rit de sa façon si déplaisante.

Mais juste après ça, un rugissement à faire s’ouvrir le ciel en deux englouti toute la zone, surpassant facilement la voix ricanante et tous les autres sons. Grimaçant à cause du rugissement strident, Reynard et Joachim dirigèrent leur attention vers le coupable. La silhouette de la créature se tenait en retrait de la horde frémissante, le haut de son corps était semblable à celui d’un coq et le bas ressemblait celui d’un lézard. Ceux qui croisaient son regard ne verrait plus jamais l’aube, forcé de contempler un rêve figé dans la pierre pour l’éternité. « Coquatrix » était le nom de cette bête démoniaque, un monstre de haut niveau à part entière, détenteur de plusieurs capacités problématiques.

« Celui-là est simplement trop dangereux ! Nous devons l’aider immédiatement, Joachim ! »

En sachant suffisamment à propos de la Coquatrix, sans surprise, le chevalier sentait que Mira en situation de désavantage et essayait d’aller l’aider. Cependant, avec les monstres les entourant, non seulement ils ne pouvaient pas échapper à l’encerclement mais ils ne pouvaient, tout deux, pas quitter leur position actuelle.

« Merde ! Hors de mon chemin, saloperies ! »

Sans cacher son irritation, Reynard avait déjà claqué de la langue quand l’expert le saisit par l’épaule.

« Calmes-toi s’il te plait. Et regardes bien ce qui se passe. Bien que mademoiselle Mira se tienne en face de cette bête démoniaque, elle ne montre aucun signe de nervosité. Essayes de te souvenir de son expression quand elle a dit que, même si elle tombait dans le pire des cas, il n’y aura aucun problème. »

Suivant le conseil de Joachim, le chevalier se rappela du mignon et jovial sourire qu’elle avait eu, exsudant la confiance en soi. Alors, comme une contremesure contre le rugissement arrogant de la Coquatrix, un hurlement plein de douleur se propagea dans la plaine. Après avoir vu et entendu ceci, Reynard pouvait recouvrer son sang-froid.

« Oui, c’est vrai. Je suppose qu’elle n’a pas besoin de notre aide, » murmura-t-il d’une voix désormais calme avant de trancher le Molosse Impur qui avait foncé vers lui, regardant à la suite la Coquatrix et les monstres devant lui.

Le cri que le chevalier avait entendu venait de nul autre que la bête démoniaque. Après avoir été invoqué avec succès et avoir touché le sol, afin de probablement montrer sa force, elle poussa un long cri tout en exhibant ses deux grandes ailes, les secouant et détachant de son corps. Ensuite, lentement, le monstre regarda la fillette devant lui ; à l’origine, les yeux de la Coquatrix auraient pu stopper un puissant guerrier dans sa course, le figeant grâce à leur puissante force d’intimidation. À l’instant suivant, cependant, tout d’un coup, la créature perdit une de ces deux armes menaçantes.

Du sang commença à couler abondamment d’un des côtés de la tête de la Coquatrix avant que celle-ci hurle de douleur, de sorte que, quand Reynard en fut témoin, il sut que ses inquiétudes étaient futiles. Parmi les deux Chevaliers Noirs à ses côtés, celui à la gauche de la jeune fille tenait une épée couverte de sang frais, un flot continu de gouttelettes rouges coulant de l’arme.

Sans attendre quelques secondes après la fin de l’invocation, le Chevalier Noir avait crevé un des yeux du monstre. Dans ses organes était caché une magie les dotant de la capacité spéciale de la pétrification ; mais toutefois ce pouvoir ne pouvait être activé que si les deux yeux étaient utilisés ensemble. Ayant combattu contre ce monstre en d’innombrables occasions, Mira connaissait ce fait et avait pris immédiatement une bonne décision afin de bloquer cette capacité spéciale. Néanmoins, après le perte de sa plus puissante technique, la Coquatrix, encore habitée par l’envie de combattre, poussa un rugissement, l’œil restant brillant de rage.

Au contraire, le Démon Inférieur derrière était différent. Manifestement, il avait été ébranlé quand la créature avait été blessée, de sorte que le démon regardait, terrifié, les Chevalier Noirs alignés devant lui.

Néanmoins, à partir de cet instant, cela allait être un véritable combat entre ennemis. Quand Mira déploya ses invocations devant elle, la Coquatrix répliqua en baissant son centre de gravité, se préparant pour le combat. Et ensuite, alors que les deux parties allaient se jeter l’une sur l’autre, le Démon Inférieur cria. À l’instant suivant, sans raison apparente, les yeux chargé de rage du monstre ­— qui n’avait pas quitté l’ennemi durant ce temps — perdirent leur éclat, devenant ternes. Après, le démon commença à courir et, juste comme ça, sauta sur la tête de la Coquatrix.

« Qu’est… ce… que…? »

Bondissant dans le ciel au dessus des ennemies comme des alliés, la bête s’échappa en courant dans l’exacte direction du jardin de fleurs. Mira, qui avait hâte d’un combat direct, fut submergée par la surprise, regardant la silhouette de la Coquatrix qui s’éloignait avec une expression abasourdie. Chaque fois qu’elle sautait, la bête démoniaque devait battre des ailes pour ralentir sa chute. En voyant ça, plutôt que de vraiment voler, la Coquatrix faisait simplement des sauts en longueur en planant.

« HÉÉÉÉÉÉÉÉ !! ARRÊTES-TOI LÀ !! »

Confuse par cette situation comique d’une certaine manière, Mira revint enfin à elle et commença, de toutes ses forces, à poursuivre la bête démoniaque qui s’était engouffrait dans les bois. Avec des sourires amères, Reynard et Joachim observèrent la fillette qui courait avant qu’elle disparaisse dans la forêt.

 

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